à quelques pas là-bas se trouve mon être

EN PRODUCTION

Une pièce de danse et vidéo pour 3 danseur-euse-s (60mn env.)

Un film de fiction chorégraphique (30mn env.)

Deux créations indépendantes et liées autour d’un même thème : les racines, l’identité et la migration.
Une réflexion sur les origines, la nécessaire diversité des cultures et leurs enrichissement par la rencontre et le métissage.

Chorégraphie : Ân-Jos VŨ, NGÔ Thanh Phương et Fabrice GUÉNO
Réalisation : Fabrice GUÉNO
Interprétation : Ân-Jos VŨ, Fabrice GUÉNO, NGÔ Thanh Phương

Les 2 créations sont liées l’une à l’autre, la chorégraphie servant de langage pour le film et des parties du film apparaissant dans l’écriture de la pièce.

*

Le tout s’organise autour de 3 questions.

1

D’où viens-tu ?

LA DANSE DES RACINES

L’identité sous l’aspect des origines

Cette question interroge les racines au sens propre comme au sens figuré. Qui je fus, matière, vie, hier/aujourd’hui animal-humain ? Au commencement était la danse des origines. Je suis Nature, poussière d’étoiles, atomes parmi les atomes. C’est une quête dansée de l’arbre phylogénétique.

Questionner le chant de la terre, le murmure des racines. Questionner encore le chant des arbres.

Questionner notre identité terrestre dans cet univers écosystème.

Force et la fragilité d’une lueur vacillante perdue perdu dans un coin de l’univers.

Tout est lié comme dans une équation de Maxwell.

La vie est le fruit d’une interaction complexe.

La danse est ici une transe qui se joue du temps pour remonter aux origines. Les images célèbrent cet état essentiel.

Mais cette terre porte en elle aussi, les traces d’une culture, d’une tradition, d’un peuple, d’un ancêtre. Elle porte en elle la trace des hommes qui m’ont précédés, dont je suis fait. L’arbre devient une famille, il devient généalogique. Il fait mon humanité.

2

Qui est l’autre ?

LA DANSE DES CORPS EN RÉSEAUX

Une identité multiple

Ces racines sont un réseau qui entraîne ma singularité dans le tourbillon du pluriel.

Les arbres parlent entre eux. La musique de l’autre me vient portée par les vents du monde. Aucune vie n’existe seule. Le son de ta voix me parle de diversité comme d’une absolue nécessité. Je questionne alors mon besoin de m’identifier. Je suis un atome en voyage au milieu de ton univers. Qui es-tu qui n’est pas moi et qui me ressemble?
Comment entrer en contact avec toi ? Baignés dans un champ d’énergie, nous voguons l’un vers l’autre en permanence.

Le mouvement dansé, cet émissaire d’émotion, est peut-être le premier langage complexe de l’humanité.

Questionner notre identité dans notre rapport à l’autre. Comment je voyage en lui comme il voyage en moi? Quels sont nos moyens de communication avec l’autre? Quand tout se présente de nos jours comme un réseau interconnecté, s’interroger sur nos capacités profondes de communication? S’interroger sur ce qui fait que l’homme, bien avant internet, bien avant les sociétés « modernes » a su créer les liens puissants de son unité et s’intégrer en harmonie avec son environnement bien mieux qu’aujourd’hui. S’interroger aussi comment le vivant entier communique. Questionner encore le métissage, ce principe essentiel de renforcement biologique. S’interroger sur les migrations choisies ou forcées qui génèrent ces rencontres et confrontations.

3

Que me reste-t-il de cette rencontre le voyage  « terminé »  ?

LA MEMOIRE QUI DANSE

Ta peau qui glisse sous mes doigts étonnés comme le bruit d’Alice de l’autre côté du miroir. Une ancêtre partie qui me revient de loin.

« Rien n’est plus vivant qu’un souvenir » disait Federico Garcia Loca, cette chose faite d’enzymes et de protéines lancé dare-dare dans l’univers de notre être sur des flux électriques.

Qui es-tu qui circule en moi comme sur tes propres territoires?

Es-tu es aussi moi, un de mes « moi » comme cette humanité toute entière qui me compose?
Que me reste t-il de l’histoire des hommes, des horreurs, des joies qu’ils ont eu?

Questionner notre identité sur le souvenir.

Sans mémoire, et en particulier sans mémoire émotionnelle aucune identité n’est possible.

Si je ne peux me souvenir de rien, je ne suis personne. L’amnésie c’est l’oubli de l’autre et c’est aussi l’oubli de soi. La mémoire tant individuelle que collective est irriguée par les émotions.
Se souvenir, c’est lire les images dans sa mémoire comme nous le dit Lucrèce.

Les souvenirs apparaissent comme les rêves, des extra-court-métrages où les odeurs, les lumières, les sons se composent et se recomposent.

Un peu de vitamine B6 pour en raviver les couleurs !

Mais la mémoire est capricieuse. Si elle est très liée aux images, elle est aussi très imaginative. C’est un arbre fragile sur lequel dansent nos souvenirs battus par les vents du temps. Les histoires s’accrochent parfois aux fantasmes pour nous conter des jours meilleurs.

Le mangeur de lotos, l’oubli devient autant  un élixir de sagesse… que d’ignorance.

Reste qu’heureusement les signes sont tenaces car la multitude des expériences fait force.

La diversité est richesse et le monde doit toujours pouvoir s’abreuver aux eaux de la différence.

L’humanité ne pourrait se passer de ce principe sans craindre la disparition.