Note d’intention :

Ce projet de création d’une pièce chorégraphique de butō « La rose du spectre » naît pour partie d’une amitié et d’un compagnonnage d’une dizaine d’année entre une artiste japonaise, grande dame du Butoō, danseuse, chorégraphe et enseignante depuis plus de quarante ans et d’un danseur et chorégraphe français qui au fil des années intègre la philosophie et la matière de cette danse, pour devenir à son tour butōka.

L’organicité, le caractère minéral, végétal et animal de notre être, la multiplicité des visages et des corps du danseur butō vient questionner notre situation d’être incarné, situation paradoxale d’un être vivant à la fois totalement neuf et aussi ancien que l’univers lui même. Cette condition humaine très particulière que Michel SERRES qualifie d’Incandescence, à la fois démuni et capable de transformation de soi et du monde est la source de notre travail.

Pour le dire autrement, avec en sous texte « Le spectre de la rose » dans la version proposée par Patrick DUPONT et Lilian GISH, où un danseur étoile rencontre une vieille femme, ancienne star du cinéma muet. Comment deux être traversés par tant de courants souterrains, issus de cultures tellement différentes parviennent-ils à se rencontrer, à jouer ensemble, à donner, à voir ce qui est commun en chacun de nous ?

Dans un monde où le virtuel, le calcul et la vitesse s’immisce un peu plus chaque jour dans nos vies, nous osons vous proposer une danse hors du temps, étrange, puissante et fragile, inhumaine et théâtrale où le burlesque côtoie le tragique et où le diaphane rencontre le sauvage. C’est la proposition un peu folle, de partager la joie devant des bulles de savon de deux enfants sans âge.

Danse et chorégraphie : Sumako KOSEKI et Nicolas IRURZUN
Regard extérieur : Brigitte LIVENAIS et Noëlle DALSACE
Création sonore : Sumako KOSEKI et Nicolas IRURZUN
Visuel et vidéo : Fabrice GUÉNO
Communication : Ân-Jos VŨ