Mélanie GRISVARD

 Exercice de style, un peu schizophrénique que de parler de soi à la troisième personne ; se raconter comme un personnage de la danse, essayer un peu de comprendre ce qui dans notre histoire fait de nous un danseur/se au regard de l’autre.

Née à Nantes en 1980, elle enseigne aujourd’hui le Hatha Yoga en région nantaise (Clisson, Vertou) et à l’université de Nantes dans le cadre des activités du SUAPS. Parallèlement, elle s’adonne aussi à la pratique de la la danse Contact-Improvisation avec l’association nantaise de Contact-Improvisation Éponyme, et danse au sein de la Cie Universitaire Passage(s), sur des projets de performance et pièces écrites. Sa curiosité et ses recherches corporelles se font autour du rapport à la gravité ; d’où émerge la posture, comment naît le mouvement ? Entre mise en tension et lâcher prise, comment cette recherche d’équilibre permet un cours instant de goûter la sensation d’apesanteur.

Depuis l’enfance, Mélanie aime observer le monde, le dessiner, le photographier ; elle débute donc des études en Arts-Plastiques. En 1997, elle trouve sur son chemin la danse contemporaine avec les ateliers chorégraphiques de son lycée, sous la direction de Jacqueline BAUDOINT de la Cie Graffiti. L’expression « brute » à travers le mouvement est alors une révélation. L’enseignement des Arts-Plastiques, trop conceptuel finalement, passera au second plan. Le concours de l’école des Beaux-arts raté avec succès, elle se tourne alors vers des études de psychologie pour devenir psychomotricienne peut-être, mais surtout pour réfléchir sur cette étrange chose qu’est la vie et les moyens que l’homme met en place pour lui trouver un sens et s’intéresse aussi à tout ce qui fait rupture de sens.

De 2000 à 2003, l’aventure de la danse se poursuit avec « les anciennes du lycée » et le groupe Les Passantes se constitue, toujours sous la direction de Jacqueline BAUDOINT ; 3 pièces voient le jour puis le groupe se dissout, chacun vacant à ses études. En 2004, elle prend de la distance avec sa formation en psychologie et rencontre Françoise CHEDMAIL et la Cie universitaire Taille Unique et pendant 2 ans participe à 2 pièces. Une aventure riche en rencontres artistiques ; notamment avec Loïc TOUZÉ, pour une initiation à la composition instantanée et François GRIPPEAU et la Cie Quidam pour des projets de performance dansée. Parallèlement, elle découvre le yoga, avec J. BAUDOINT et de la danse Contact-Improvisation avec Christèle MARIN et Patricia KUYPERS.

Un court passage dans les Arts du cirque lui permet de satisfaire un rêve d’enfance et son goût pour l’équilibre et le déséquilibre ; à l’école du Tilt, elle se forme pendant 1 an et demi en acroportés et trapèze fixe jusqu’à la fermeture de l’école en 2006. Elle passe parallèlement l’examen pour devenir professeur de danse, et elle échoue avec succès. Son corps la remercie de tous ces aléas et elle en profite pour se reposer et se consacrer à la pratique du Yoga.

Le retour au mouvement se fait par une envie de photographier la danse, le Contact-Impro notamment ; en 2011 le parquet où s’entremêlent les danseurs se rappelle à elle finalement et depuis elle s’exerce à la pratique du C-I en rencontrant sur son chemin l’enseignement de Claire FILMON, Ray CHUNG, Charly MORRISSEY, Bill YOUNG, Christina KLISSIOUNI, Nancy STARK SMITH. Dans le même espace temps, elle approfondit sa connaissance du Yoga et se forme pendant 4 ans auprès de l’EFYO et rencontre la danse Butô de Sumako KOSEKI ouvrant ainsi une nouvelle page.

Une réponse émerge enfin à «  pourquoi la danse ? » ; question qu’on lui avait posé un jour.  Finalement, danse et yoga se rejoignent ; la danse devient « danse » lorsqu’on cesse de s’agiter. Toute forme n’est pas danse, tout mouvement n’est pas danse non plus tant qu’il n’est pas habité par la présence.